Eric Maurus

pola eric book 08
pola eric book 04
image2
image1
_M8I9025-cmyk
Don’t shoot the shaper
_DSC0129 copy
_DSC0108 1
_DSC0104
_DSC0087

 

Don’t shoot the shaper

Comment ces deux pratiques du shape et de la peinture se
nourrissent-elles l’une l’autre ?

EM: J’aime le surf, c’est la seule raison qui me pousse a continuer à shaper
et peindre. J’ai encore ce rêve d’enfant qui, en lisant Surfer ou les livres
d’Hugo Verlomme, voulait immortaliser la sublimation qu’il en faisait.
Bien sûr, mes planches et mes dessins sont plus un besoin de rendre
réelles ces images que je me faisais enfant, pas d’une manière réaliste
c’est sûr, mais c’était mon rêve.
Il n’y a pas de limites entre le shape, la sculpture, la peinture, le dessin
l’envie de créer est la même. Après, il n’y a que la technique, qui doit être
maîtrisée, et il faut peut être toute une vie à rechercher et apprendre,
mais il en est ainsi pour beaucoup de métiers. Mon plus grand plaisir est
de passer du dessin à la sculpture et au shape, les uns nourrissant les
autres, tout en demandant constamment d’apprendre à nouveau.

Tu as un pied au Pays Basque, et l’autre à Oahu.

EM: Hawaii a toujours été dans mon coeur ; y passer un peu de temps, être là
où tant de moments incroyables de l’histoire du surf se sont écrits, est
important pour moi. Même si à 50 ans le rêve de surfer un vrai Sunset ouPipe s’est éloigné, la magie du lieu est encore là.
Bien sûr, le Pays Basque restera toujours dans mon coeur, j’y ai ma maison,
mais il a tant changé. Beaucoup d’amis sont partis, la horde des barbares
a envahi ce que j’aimais, balayant sur son passage tout le romantisme
qu’était le surf avant d’être un sport.
L’antéchrist est arrivé avec son stand up gonflable, sa veste de survie
et ses sandales spécial récif. Il cherche l’ultime sensation qu’il a lue une
semaine avant dans le spécial Pays Basque du Figaro : party wave avec
le hipster longboarder et le Kelly wannabe qui se rase la tête plus pour
cacher sa calvitie que pour ressembler a son idole du surf industrialisé.
Je veux rester loin de tout cela, et continuer à rêver.
Mon inspiration reste dans le passé, toujours rechercher, écouter les
anciens « talk stories », surfer les planches d’autrefois, retourner à la
simplicité, et essayer du mieux possible de rendre hommage au surf tel
qu’il aurait dû rester. Et c’est sûr, Hawaii, quelque part, demeure l’endroit
idéal pour y puiser son énergie créatrice. Même si, peu a peu, il change
aussi comme le Pays Basque.

 

Quels sont tes projets dans un futur proche ?

EM: Continuer à créer, moins de planches, plus de sculptures. Peut-être y
aura t’il une expo cet automne, j’aimerais bien rassembler dans un même
endroit tous les medias que j ai explorés pendant 30 ans, comme je viens
de le faire à la Polu Gallery (Haleiwa) cet hiver.

 

Interview par Richard Leydier